Introduction générale

Les mille facettes (ou un peu moins) de la marionnette contemporaine

« La marionnette ne nous ressemble absolument pas mais elle a des signes suffisants pour qu’on s’y projette. Elle est la partie pour le tout. Le tout, c’est le spectateur qui le construit. La marionnette c’est l’art de la suggestion. Je suggère à travers elle, tu complètes à travers elle… La marionnette cligne des yeux, sourit, fronce des sourcils alors que son visage ne bouge pas. Elle est habitée par une âme. Elle est ‘animée’, dans le sens le plus ancien du terme. » AMK compagnie

Bien du chemin a été parcouru depuis l’époque où, au XVème siècle, le mot marionnette désignait des objets réalisés à l’effigie de la Vierge Marie. Différentes techniques dites « traditionnelles » se sont développées (marionnettes à fils, à gaine) mais très rapidement cette discipline artistique s’est retrouvée cantonnée aux domaines de l’enfance et du divertissement. Il faut attendre le début du XXème siècle pour voir s’opérer un véritable virage. Les avant-gardes débordent de leur champ artistique de référence et les codes de la représentation sont bousculés. A l’instar de personnalités telles que Picasso, Schlemmer ou du courant du Bauhaus, de plus en plus de recherches artistiques font converger les arts scéniques, le théâtre, les arts plastiques…

« Qu’ils choisissent de revisiter les objets ou d’utiliser le matériau brut (papier, glaise, corde, nouvelles matières), des installations animées, ou d’imbriquer le corps, l’objet et l’image, les artistes de la marionnette contemporaine ont tous la volonté d’aller à la rencontre des publics. De nombreux programmateurs, lieux et festivals en Amérique du Nord font la part belle à ces évolutions. Grâce à eux, la Marionnette renouvelle son image, avec des spectacles d’excellence pour tous les publics, enfants, jeunes mais aussi pour le public adulte habitué du spectacle vivant. » L’Institut Français

Les arts de la marionnette vont s’emparer de cette démarche en questionnant les matériaux utilisés, les nouvelles conceptions scénographiques, le rapport au texte, la place de l’acteur- marionnettiste sur le plateau… D’après Roland Shön, le théâtre de marionnettes peut désormais être considéré comme un « théâtre par objets interposés ». Cet essor artistique va susciter un regain d’intérêt de la part du public mais aussi des professionnels et des institutions. Cette reconnaissance et cette légitimisation permettent au secteur de se structurer petit à petit. D’un fonctionnement initialement basé sur la « débrouille » et l’entre-aide entre compagnies, cette structuration institutionnelle progressive permet le développement et la diversification de lieux de diffusion des arts de la marionnette : festivals, scènes nationales, scènes conventionnées (dont Le Sablier)… On évoque même la possibilité, d’ici quelques années, de voir se développer des Centres Nationaux de la Marionnette.

« La marionnette n’est, pour nous, non pas quelque chose que l’on fait, qui est fait ou qui fait, mais bien quelque chose qui est. Elle n’est pas, pour nous, un outil, un moyen mais bien un rapport au monde, une façon de le dire, le lire, l’écrire ou le réécrire. La marionnette est de la nature de cet objet transitionnel que Winnicott définit : un objet qui permet d’entrer en relation, de mettre en relation des mondes intérieurs, parfois antérieurs, avec d’autres mondes extérieurs ou à venir. La marionnette, qu’elle soit personnage, objet, forme ou matière, est cette chose porteuse d’âme qui nous ouvre l’espace de jeu entre ces mondes, cet espace dans lequel on joue à se bâtir des réalités. » Cie L’Ateuchus


Retrouvez ci-dessous une exposition basée sur les techniques représentées lors du festival RéciDives 2019. Cette exposition créée par le Sablier est amenée à évoluer.

LA MARIONNETTE KOKOSCHKA

LA MARIONNETTE SAC

LA MUPPET

LE KAMISHIBAI

LE THEATRE D’OMBRE

MATIERES MANIPULEES

LE THEATRE D’OBJETS

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